couverture de Lumière surgie de l’intérieur

Lumière surgie de l’intérieur

Melisa Teo

Collection :

270 x 197 mm 40

Hantée par l’absolu, Melisa Teo entreprit ce voyage pour trouver des réponses à ses questions sur la vie.

Elle consulta des moines bouddhistes ainsi que des nonnes; des shadous et des swamis hindous enveloppés de toges avec tous les tons du jaune, de l’orange, du saumon et du safran. Elle voyagea de la Thaïlande au Népal, en passant pas le Vietnam, le Tibet, le Japon, le Sri Lanka, l’Indonésie et l’Inde.

Elle s’est entretenu avec des chamans, des sorcières et des prêtres pratiquant la Santeria à Cuba et au Mexique.En Amérique et à Singapour, elle consulta des astrologues, des voyants, des médiums assistés de leur boule de cristal ou de leurs cartes de tarot.

Melisa a dansé avec les « morts », parlé avec les esprits. Elle a dormi avec un poisson cru sur la tête.

Elle a fait des offrandes de nourriture et de fleurs à des rochers et à du métal ; offert des cigarettes et du rhum à des crânes et des poupées. Elle a marché pieds nus dans des flaques du sang qui jaillissait de la gorge d’oiseaux et de chèvres sacrifiés.

Son obsession a toujours été l’au-delà. La vie spirituelle lui a souvent parue plus attrayante que celle des mortels.

Pendant tout ce voyage, son appareil photo ne l’a jamais quittée. Il lui a ouvert les yeux et lui a permis de découvrir la lumière. Surgie de l’intérieur.

Chinatown, Singapour

Chinatown, Singapour

Calcutta, Inde

Calcutta, Inde

Wings of Fire, Tibet

Wings of Fire, Tibet

Green Sulphur Springs, USA

Green Sulphur Springs, USA

Elisa, Japan

Elisa, Japan

Sadhu, India, 2011. © Melisa Teo

Sadhu, India, 2011. © Melisa Teo

 

Melisa Teo

MELISA TEO, originaire de Singapour, considère son appareil photo comme un « troisième œil » – un œil guidé par l’intuition, capable de saisir une réalité qui échappe à l’œil nu. Une sorte d’émetteur et de traducteur des messages de la lumière, qui fait de la photographie un passage aux abords des mondes matériels et spirituels. Après une carrière dans l’édition de beaux-livres, elle parcourt le monde depuis 2008 à la poursuite du sacré. Les œuvres qu’elle a réalisées au cours de ses pérégrinations dans différents univers spirituels ont fait l’objet de divers livres (Light From Within, The Light Beyond) et expositions (Eden, Dark Light). Ces dernières années, sa fascination pour la relation entre l’homme et la nature l’a menée à photographier aussi bien les chamanes dans les forêts de Sibérie que les personnages anonymes dans les jardins de Paris, sa ville adoptive.

« Les photos des arbres de Melisa révèlent ce que le regard ne peut soupçonner. Les arbres irradient. Un rayonnement les auréole. Une onde les enveloppe. Parfois on dirait un tulle diaphane, parfois un voile pulsatile : “un vortex d’énergie” préfère-t-elle avancer » écrit à ce sujet Sylvain Tesson dans sa préface.

La presse en parle

L’ŒIL EN EVEIL
Les photographies de Melisa Teo sont le fruit d’un cheminement initiatique. Ayant quitté le confort d’une vie installée, l’artiste a sillonné le monde en nomade avec, pour compagnon de route, son appareil photographique ; sa « boite de pandore » comme elle le surnomme.  Ce voyage l’a menée à la rencontre des univers sacrés de la sorcellerie et des religions ; au cœur même du tourbillon énergétique qui vibre dans les lieux de ferveurs : cité des morts, monastères, sites de pèlerinage ou de rites religieux.
Pour Melisa Teo, qui insuffle dans sa pratique une dimension spirituelle, son appareil photo est comme un « troisième œil ».  Un œil qui perçoit ce que le cœur ressent. Se laissant porter par ce regard intuitif et émotionnel, l’artiste considère la photographie comme un passage, en lisière des mondes visibles et invisibles. Ce qu’elle cherche à saisir ? La beauté sous-jacente et transcendantale qui palpite sous le réel et dont elle fige l’éclat, dans un fragment d’éternité. Son guide ? La lumière.

ÉTREINTE DE LUMIÈRE
La lumière est primordiale dans la pratique de Melisa Teo. Qu’il s’agisse d’une source naturelle ou artificielle, c’est l’œil fixé sur cette balise lumineuse, que Melisa recherche un état d’éveil. Celui d’où surgira l’instant parfait. L’instant d’unité dans lequel l’artiste, son sujet et le monde à l’entour ne font plus qu’un. C’est dans cet alignement des « synchronicités » que les choses se jouent, que le présent se révèle : un halo de fumée inattendu se forme en mille volutes, des personnages apparaissent, dans un rayon mystérieux, à travers des langues de feu ou voilés par des larmes de pluie.
Saisi dans un jeu de flous et nimbé de couleurs mystiques, le motif se transforme alors. Ici c’est le souffle des éléments naturels qui tournoient et vibrent au rythme d’un chant chamanique. Là ce sont les figures, réelles ou sculptées, qui deviennent silhouettes étranges ou incarnation sacrée : madone blanche vêtue de sérénité ou messagère aux lèvres bleues, annonciatrice de paix.
Ainsi, pour Melisa Teo, la photographie saisit une réalité qui n’est pas visible à l’œil nu. Elle est le révélateur d’une incandescence intérieure. Ce qu’elle donne à vivre ? Une étreinte de lumière, avec laquelle l’œil fait corps. Un ensorcèlement du cœur, qui soudain se suspend et s’abandonne dans un sentiment de paix. Instant de grâce, d’éternité, propre à l’illumination bouddhique et par lequel le goût du présent retrouve sa plénitude.

Amélie Adamo

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